Par une déclaration faite ce du ce 4 avril 2025, le coordonnateur du Cercle de réflexion et d’action des Jeunes du Mayo-Kebbi Ouest (Craj-Mko), Gombo Breye Houzibé, refuse de s’arrêter aux simples émotions et exige l’ouverture immédiate d’une enquête pour situer les responsabilités et la prise en charge totale et appropriée de tous les blessés de l’événement tragique survenu dans la matinée du 3 avril 2025 à l’école EGTH de Pala.
C’est avec le cœur serré et une profonde tristesse que le cercle de réflexion et d’action des Jeunes du Mayo-Kebbi Ouest (Craj-Mko) revient sur l’événement tragique survenu dans la matinee du 3 avril 2025 à l’école EGTH de Pala. « Ce drame vient s’ajouter aux multiples souffrances qui accablent déjà cette province, abandonnée à son triste sort aussi bien par le Gouvernement que par ses propres fils », rappelle, le coordonnateur Gombo Breye Houzibé.
Selon lui, l’état de l’école officielle d’ EGTH était déjà préoccupant depuis plus de dix ans. A plusieurs reprises, ses responsables, tant au niveau administratif que l’association des parents d’élèves, ont tiré la sonnette d’alarme mais, comme toujours, parce qu’il s’agit du Mayo-Kebbi Ouest, personne n’a voulu entendre. « Aujourd’hui, nous voyons foisonner sur les réseaux sociaux des messages insipides de condoléances et de solidarité, mais quelle hypocrisie ! », indigne-t-il.
Il pointe du doigt le gouvernement qui a pourtant des représentants sur place à Pala, ne peut prétendre être surpris. Il ajoute que, les rapports officiels n’ont cessé de relever cet état de fait. « Le rapport de l’enquête parlementaire de 2018 à même souligné que le Mayo-Kebbi Ouest, malgré son fort taux de scolarisation, est l’une des provinces les plus mal dotées en infrastructures scolaires », rappelle, Gombo Breye Houzibé.
« Comment la première province productrice de ciment du pays peut-elle se retrouver avec des écoles en matériaux précaires ? Pourquoi tant de négligence ? » Se demande-t-il avant de poursuivre « qu’avons-nous fait pour mériter un tel mépris de la part du gouvernement ? Quelle est la responsabilité des cadres ressortissants de la province dans cette tragédie ? », se demande-t-il.
Pour lui, c’est depuis plus de vingt ans que, la province du Mayo-Kebbi Ouest est rongée par le fléau honteux, celui des enlèvements contre rançon. Les habitants luttent sans l’aide de l’état pour se soigner, soutenir les écoles et accéder aux services de base, tels que l’eau. « Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’une nouvelle catastrophe s’abat sur nos enfants en plein cours. C’est un drame de trop ! Une tragédie de plus ! Ce douloureux événement doit réveiller les consciences et interpeller l’ensemble des fils et filles du Mayo-Kebbi Ouest : hommes, femmes, jeunes, politiciens, entrepreneurs, commerçants, fonctionnaires, étudiants, élèves », interpelle-t-il.
D’après Gombo Breye Houzibé, trop longtemps, « nous nous sommes divisés sur des futilités. Trop longtemps, nous avons laissé paraitre au grand jour notre manque d’unité. Aujourd’hui, ce drame vient nous rappeler que nous devons nous rassembler et agir. Dieu, dans sa souveraineté, a choisi cette date et surtout ce sanctuaire : l’école qui est le symbole de notre attachement à l’éducation, pour nous envoyer ce message fort ».
Le Craj-Mko exige, « l’ouverture immédiate d’une enquête pour situer les responsabilités ; la prise en charge totale et appropriée de tous les blessés ; l’ indemnisation juste et équitable de toutes les victimes ; l’implication active des cadres de la province dans les actions d’urgence, notamment l’évacuation des cas graves vers des hôpitaux mieux équipés, l’envoi de médicaments et d’autres secours pour les blessés légers ; la mise en place d’un plan de réhabilitation et de construction des infrastructures scolaires proportionnellement au poids démographique de la province ; l’assistance psychosocial de tous les élèves de l’école EGTH et leurs enseignants et l’organisation d’un deuil national en l’honneur de ces enfants tombés stylo à la main ».
Le Craj-Mko, informe par ailleurs, l’ensemble des ressortissants du Mayo-Kebbi Ouest qu’une opération de levée de fonds est en cours afin d’apporter un soutien aux victimes.
Lobey Bab Sidick