Politique

« Venir prendre 36000 hectares, c’est inacceptable », Awini Jean, chef de canton de Tchiré

« Venir prendre 36000 hectares, c’est inacceptable », Awini Jean, chef de canton de Tchiré 1

Examiné au conseil des ministres du 27 février dernier, le projet d’implantation d’une usine de transformation de cannes à sucre et de riz dans la sous-préfecture de Bahtchoro, département Tandjilé Ouest, a crée de polémique entre les habitants de la région. Ce projet est vu pour bon nombre de victimes comme une « spoliation de terres par l’Etat ».

En date du 7 mars 2025, une mission composée des responsables administratives et l’élu dudit département, Amoullah Toua Golbey, conduite par le préfet de ce département Daoud Soulemane Ousmane, s’est rendue dans la sous-préfecture de Bahtchoro dans le cadre du projet d’implantation d’une usine  de transformation de cannes à sucre et de riz dans ladite localité.

Expliquée par l’équipe de la mission comme un projet qui s’inscrit dans la vision du gouvernement tchadien pour « renforcer l’autosuffisance alimentaire et industrielle du pays », l’implantation d’une usine  de transformation de cannes à sucre et du riz dans la sous-préfecture de Baktchoro doit s’étendre sur une superficie d’environ 36000 hectares pour une durée de 99 ans renouvelable. Bien que applaudi par quelques autochtones, ce projet porté par la société Mante Group, est contesté par une grande partie des habitants de la localité qui le qualifie d’une « spoliation de terres par l’Etat ».

Si, pour le député Amoullah Toua Golbey, ce projet d’implantation d’une usine  de transformation de cannes à sucre et de riz , est « salutaire »  pour son département,  les chefs de canton de  Kakraou, Keining Mbogué et celui de Damdou, Malloum Mbatna Felix, par contre, n’ont pas caché leur inquiétudes et mécontentements . « Nous ne sommes pas d’accord avec ce projet mais, que pouvons nous faire. C’est un projet adopté au conseil des ministres, alors, nous n’avons pas le pouvoir pour le rejeter »,déclarent -ils. « J’ai moi-même été contraint de céder un de mes terrains pour l’implantation de l’usine » a ajouté le chef de canton de Kakraou, Keining Mbogué.

« Les  gens s’entretuent déjà trop pour les problèmes de terre »

Selon le chef de canton de Tchiré, Awini Jean, « les gens s’entretuent déjà trop pour les problèmes de terre » et , le gouvernement le sait très bien. Alors, « venir prendre 36000 hectares, c’est inacceptable», déplore-t-il.

D’après le chef Awini Jean, dont la grande partie de ses terres à été touchée par le projet, le gouvernement devrait leur consulter  d’abord avant de prendre cette décision. « S’il nous consultait, nous allons leur dire d’aller plus loin dans la plaine de Karouye qui est faiblement habité », précise-t-il. Et de poursuivre : « si certains chefs de canton applaudissent ce projet, c’est  parce que leurs cantons ne sont pas touchés comme le canton Tchiré.  Tchiré entier est touché par ce projet »

« S’il faut occuper ces 36000 hectares, la population ira s’installé où? », s’interroge le chef de canton de Tchiré, Awini Jean. Pour lui c’est « de  la spoliation de terres par l’Etat ». «Nous les habitants du canton Tchiré, nous nous considérons comme des victimes de notre propre gouvernement », lance-t-il.

Lobey Bab Sidick