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Le mot d’ordre de grève est bien suivi par les transporteurs de minibus, taxis et gros porteurs à N’Djaména

Le mouvement de grève contre l’augmentation des prix des produits pétroliers lancé par le collectif contre la vie chère et celui des syndicats des transporteurs est largement observé à N’Djamena.

Ce lundi 22 janvier 2018, le mouvement s’est transformé en une manifestation populaire et les jeunes appellent au changement du régime.

Comme à l’accoutumé, les agences de transport inter urbain, sont bondés de monde. Dès 5h, voyageurs, chauffeurs de taxis et conducteurs de moto taxis  ainsi que vendeurs ambulants se disputent la place pour vendre ou offrir des services. Malheureusement ce lundi 22 janvier 2018, la situation est chaotique. « C’est la grève des transporteurs contre l’augmentation des prix de carburant », nous renseigne le gardien de l’agence. Par conséquent, toutes les agences de transport interurbain sont hermétiquement fermées et les bus sont garés sous les hangars.

« Je suis venu à l’agence pour effectuer un voyage d’affaire à Sarh mais apparemment il n’y a aucun bus qui bouge vers le sud. C’est déplorable », lâche un voyageur.

A quelques mètres du viaduc de Dembé, des taxis et mini bus sont garés. Les chauffeurs sont absents. Entretemps, les usagers attendent impatiemment dans l’espoir de prendre les bus pour se rendre en ville. « Je suis ici depuis 6h. J’ai une urgence à Koundoul mais il n’y a pas de bus  je ne sais que faire ? » se lamente un usager.

Sur la 1ère voie de contournement, l’avenue Charles De Gaulle, des groupes de personnes avec des sacs au dos et d’autres bagages en main et sur la tête marchent  sans cesse pour se rendre dans leur lieu de travail ou de business. « J’ai quitté la maison depuis 5h parce que j’ai été informé qu’il n’y aura pas de bus. Je suis de tout cœur avec les transporteurs », affirme une vendeuse de poisson au marché de habena. Même constat au rond-point chagoua et double voies.

Sur les avenues Taiwan, Goukouni Weddei, président Ngarta Tombalbaye, Pascal Yoadoumnadji et Schœlcher, la situation est quasi identique. Les minis bus sont aux-arrêts et quelques apprentis chauffeurs s’allongent dans les bus. « Dieu soit loué que nous respectons à l’unanimité cette grève », précise Hassane, un transporteur.

La grève des transporteurs dépasse l’entendement des Tchadiens : « Je savais qu’il y a grève mais je ne m’attendais pas à un tel respect du mot d’ordre», précise un usager. Les usagers ont soutenus le mouvement. « Sans bus il sera difficile pour moi d’aller au travail. Tout de même,  j’exprime ma solidarité  aux transporteurs.  Cette augmentation en est de trop», assure Ruth qui attend à se rendre à Farcha.

« Il faut que cela change », déclare un usager de la voie publique.

Dans chaque point de stationnement, les apprentis chauffeurs se réunissent pour fêter déjà la réussite de ce mouvement de grève. « Nous sommes satisfaits et ce n’est que le début. Si le gouvernement ne revient pas sur sa décision, le mouvement se poursuivra et la prochaine grève ce sera explosive », prévient Mahamat Ahmat Ali, chauffeur de minibus.   

Déjà des mesures disciplinaires sont prises pour  les brebis galeuses qui ne respecteront pas le mot d’ordre de grève : « Nous n’avons rien contre les chauffeurs qui iront à l’encontre des décisions, nous allons juste prendre leurs numéros et transmettre à la hiérarchie et ce sera à elle de décider de leurs sorts », informe Mahamat Hissein représentant des chauffeurs de bus du rond point Hamama.

A mi-journée,  le mouvement de grève s’est rapidement transformé en manifestation populaire. Les élèves entrent dans la danse. Le coup d’envoi des hostilités a été donné par les élèves des écoles publics. «  On ne peut pas rester sans rien faire pendant que nos parents souffrent. Cette augmentation du prix de carburant est une insulte », dit un élève en courroux. Les élèves du Lycée Eboué débutent avec la manifestation en attaquant les établissements d’enseignement privé. Au même moment, ceux des Lycées de Walia, Gassi et Habena rejoignent le mouvement. Des équipes se sont constituées. C’est ainsi que des écoles et instituts privés sont attaqués par les élèves du public. Dépassés, les chefs d’établissement libèrent les élèves des établissements privées. A peine libérés, ces élèves regagnent les rangs de manifestant et défilent dans les rues de N’Djamena  tout en caillassent les engins administratifs.

« Changement., changement », crient les manifestants. Alertées, les forces de l’ordre interviennent. La course poursuite est lancée. Les forces de l’ordre font usage des grenades lacrymogènes pour disperser les élèves en colère contre leur gouvernement. Toutefois le calme est revenu à N’Djamena mais les forces de l’ordre sosnt toujours en alerte puisque la grève est prévue pour deux jours.

Asnan Non-Doum Saturnin, Miguerta Djiraigué & Asnan Stanyslas