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Reportage : A l’orphelinat «Dieu bénit», les enfants déshérités retrouvent espoir

Nadjimbaidjé Séphora, c’est son nom.  Elle est la fondatrice de l’orphelinat Dieu Bénit créé en 2011. Agée de 50 ans, titulaire d’un BTS en secrétariat de Direction, elle est engagée depuis des années pour la protection des enfants et particulièrement celle des orphelins, des délaissés et nécessiteux. Reportage dans la maison des déshérités au quartier Gassi.

Jeudi 27 octobre 2016, le début de l’harmattan soulève une fine poussière sur N’Djamena. A Gassi où les constructions ne sont pas denses, l’effet de la poussière est accru. Dans la cour de l’orphelinat, des enfants assis sur des nattes jouent  tranquillement sous le regard des animateurs et du gardien. Ce sont pour la plupart des orphelins âgés de 3 à 16 ans. Ici Mme Nadjimabaidjé Sephora est appelée «maman ». Ce à quoi, la fondatrice de l’orphelinat répond par un sourire attendri. L’un des enfants, âgé de 8 ans lance : « Maman, je me sens pas bien ». « Viens, chéri, tu as quoi ? Oulala, tu as le corps chaud. Je vais m’occuper de toi tout de suite. Sois fort et tout ira bien Sylvestre », lui répond affectueusement la fondatrice.

Pendant ce temps, devant la chambre numéro 4 de l’immeuble composé de plusieurs chambres construites en briques cuites et couverts de tôles, un don d’une société de BTP, un groupe pianote sur les claviers d’un mini-ordinateur. Dans la bibliothèque à côté, quelques enfants dessinent sous la surveillance d’un animateur du centre. A l’entrée, un autre groupe s’exerce à la sérigraphie. L’atmosphère ludique ne laisse aucune trace des blessures que la vie a infligées à ces jeunes êtres.

C’est dans  ce climat que Nadjimbaidjé Séphora, fondatrice de l’Orphelinat Dieu bénit nous reçois: « Je hais la maltraitance des enfants. Tant que je suis en vie, je me battrais pour que les enfants aient le sourire». Cette détermination fait naitre l’optimisme en Nadjimbaidjé Séphora : « J’avance difficilement mais au bout du tunnel Dieu fera éclater sa voix pour que les enfants s’épanouissent ». 

L’engagement

De teint marron, taille moyenne, Nadjimbaidjé Séphora  aime le travail. Issue d’une famille de 8 huit enfants, Séphora elle-même dès 12 ans, c’est dans son expérience personnelle qu’elle a trouvé l’inspiration pour abandonner son métier et prendre à bras le corps la question de la protection des enfants. C’est cet engagement qui a également conduit cette femme au contact facile, à créer la fondation Dieu bénit en 2008 qui sera officialisée en 2011.

 Pour atteindre cet objectif, Nadjimbaidjé Séphora rassemble ses parents  pour leur exprimer ses ambitions de mettre en place une structure d’accueil  des enfants. « Je veux être sacrifiée  pour ce travail. Il vous souviendra de notre souffrance quand  la mort soudaine a frappé notre père pendant que le Tchad était en plein guerre civile de 1979. Nous n’avions pas mérité d’être orphelins ni voulu l’être mais ce sont les circonstances de la vie. A cette époque, c’est le sauve  qui peut. Chacun pour soi. Grâce à notre mère et par la faveur de Dieu nous avons réussi en dépit des souffrances et sévices de tout genre que nous avions subis. Moi, personnellement, je porte en moi l’écharde de cette souffrance due à la mort de notre père. C’est pourquoi, je ne peux rester indifférente face à la souffrance des enfants orphelins dont le cœur est meurtri et leur avenir est incertain à cause des circonstances qu’ils n’ont jamais voulu ». Le discours a frappé les esprits hostiles et circonspects.  « Cette dame aime soutenir les enfants. Il est vrai au début elle a commencé avec beaucoup de difficultés. Mais actuellement, plusieurs personnes comprennent le bienfondé de sa lutte », témoigne, Elysée, ex-voisin de la fondatrice, habitant le quartier chagoua

Pour Nadjimbaidjé, le but au départ était de trouver un cadre devant abriter les jeunes qui avaient dépassé l’âge  scolaire et leur offrir une possibilité d’apprendre un métier afin de se prendre en charge. « J’avais commencé mon travail dans ma maison pour apprendre aux enfants les métiers. Je me suis rendue compte qu’il y a un afflux d’enfants et la maison ne nous contenait plus.  Mon mari m’a conseillé de leur faire un hangar pour leur permettre de se loger. N’ayant pas les moyens, mon mari m’a aidé à louer un local à Boutalbagara dans le 7ème arrondissement pour les loger. Ils étaient 24 enfants à être pensionnés. Nous avons aussi reçu des parents, qui un sac de riz, qui un sac de maïs», explique-t-elle. Malheureusement, cette location ne sera que de courte durée, la fondation sera dans une situation de défaut de paiement et a cumulé 7 mois d’arriérés de loyers. Ne  pouvant pas éponger sa dette, le bailleur demande aux occupants de libérer la maison. Un conseil de famille décide de lui faire un don d’un terrain. Une lettre de partenariat lui est adressée contenant les papiers du terrain. Donation qui a été accueillie comme un soulagement. «  Nous nous sommes rendus chez le notaire pour authentifier le document puis avec le soutien d’une entreprise de BTP et autres partenaires, on a réussi à construire et une compagnie de téléphonie mobile nous a aidé à poser les portes et les fenêtres », raconte-t-elle. L’orphelinat fonctionne avec un personnel de 10 personnes, toutes bénévoles et l’école primaire La Gaieté, enregistre 4 contractuels payés. Malgré ces soucis financiers,  « Tous les enfants sont admis dans notre orphelinat sans aucune considération, politique ou religieuse. Ce sont des enfants, ils ont droit à vivre dignement. Je ne tôlerai pas que leurs droits soient bafoués », affirme-t-elle.  C’est pourquoi, les enfants qui font l’objet de maltraitance aigue sont admis au centre. Par contre ceux dont leur condition de vie est acceptable, sont suivis depuis leur maison respective avec une prise en charge.

«Quand je serai grande, je serai comme maman Sephora »

Au bout de 5 ans d’activité, avec l’aide des personnes de bonne volonté et d’institutions, une école primaire, des logements et des bureaux ainsi qu’une bibliothèque ont été construites. Deux jeunes qu’elle a encadrés sont à l’Université dont un en 1ère année de Philosophie  à l’Université de N’Djaména et l’autre en 2ème année d’Histoire à l’Université de Moundou. « Après ma licence, je rêve continuer mes études en relations internationales», envisage Mbakoumra Dieudonné.  Deux autres ont obtenu leur baccalauréat à la session  de juin 2016, se sont lancés dans le commerce grâce à une petite somme que l’orphelinat a mise à leur disposition, 30 autres pensionnaires apprennent la couture. Ces derniers avaient été récupérés dans la rue. Ils étaient sortis du système scolaire. « Actuellement, nous avons une cinquantaine d’enfants au centre, 17 aux quartiers que nous faisons le suivi, 217 à Moissala », renchérit le

« Je suis arrivé au centre à l’âge de 17ans, quand j’avais abandonné l’école en 2nde. J’ai été récupéré par maman Séphora. Grâce à elle, j’ai repris le chemin de l’école et actuellement je suis à l’université. Si ce n’est pas elle, j’allais être un bandit. Je voudrais étudier en spécialité après ma licence, la pensée des anciens hommes qui ont marqué le monde et leur projection en vue d’établir la comparaison entre eux et  les contemporains », témoigne Djek Baba Abdoul, en 1ère année de philosophie.  Keiba Prudence en classe de 2nde, elle, a été orpheline très tôt. Sa vie était difficile. Par l’intermédiaire d’une autre fille qui est aussi pensionnée à l’orphelinat, Prudence a été acceptée par Nadjimbaidjé Séphora. « Je suis venue expliquer ma situation à maman. Elle m’a accepté. Depuis lors je vis bien ici. Ma vie a complètement changée. J’ai oublié les souffrances que j’avais endurées. J’ai deux rêves à réaliser après l’obtention de bac. Faire des études de droit pour devenir une avocate afin de défendre la cause des enfants abandonnés ou la médecine en vue de m’occuper de la santé de ces derniers. Bref avoir une vie dévouée comme  maman Séphora », explique-t-elle. 

Si pour elle, le devoir moral est accompli, Nadjimbaidjé Séphora  déplore le manque de soutien de la part des autorités. « Il est vrai que le gouvernement nous a octroyé un terrain de 2000 m2 mais nous n’avons pas les moyens pour construire. Le repas des enfants, la santé, l’éducation nécessitent beaucoup de moyens. Mais nous n’avons pas de moyens. Par exemple, pour une cinquantaine de personnes on dépense 10 000F par jour pour la sauce. C’est insignifiant,  il faut que les enfants mangent 3 fois par jour. Ils ont besoin d’avoir un logement décent, un habillement conforme et une éducation de qualité. Nous avons notre école. Mais nous avons assez de difficultés pour payer les enseignants. Nous n’avons pas un dispensaire », tel est le chapelet de difficultés qu’elle égrène. Or, l’ambition  de cette femme, est de doter l’orphelinat d’un lycée avec des enseignants qualifiés, un dispensaire pour le soin des enfants. Mais tout cela nécessite des moyens humains, matériels et financiers.

Asnan Non-Doum Saturnin

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