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Entre Dieu et Déby

L’archevêque de N’Djaména, Monseigneur Edmond Djitangar Goetbe a remis une couche sur la position de l’église face au serment confessionnel imposé par la 4ème République.

Dans son homélie de ce dimanche 27 janvier 2019, l’homme de Dieu a dit ceci : « Ce fameux serment confessionnel qui n’a pas sa place dans la constitution d’un Etat laïc. Ce serment confessionnel qui n’a confessionnel que de nom parce que abusivement on a dit que toutes les autorités religieuses ont été d’accords pour le faire alors que c’est faux ! La proposition médiane que les chrétiens ont faite n’a pas été prise en compte. (…) Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Ce n’est pas parce que je fais un serment confessionnel que je vais être vertueux (…) Je voudrais que les chrétiens soient libres dans leur conscience. Si cette loi n’est rien, considérez là comme rien. Dans tout engagement il y’a un serment à faire. Peu importe la formule. Mais l’essentiel c’est que vous vous engagez devant Dieu au fond de votre conscience et devant le bien commun. Si les chrétiens nous pouvons être exemplaires dans la gestion du bien commun, dans l’honnêteté, dans la loyauté au service du bien commun, nous n’avons pas besoin qu’on nous impose un serment. Je demande à tous les chrétiens qui ont une responsabilité, qu’on les écarte parce qu’ils n’ont pas fait le serment, qu’ils montrent qu’ils sont chrétiens. Même s’ils sont subalternes, ils doivent la manifester ».

Le prélat tire ainsi sur la sonnette d’alarme alors que les cours d’appels s’apprêtent à recevoir les serments de nombreux responsables allant des membres du gouvernement aux délégués provinciaux des ministères, des recteurs d’universités et autres responsables se services cités dans l’ordonnance 13 instaurant le serment confessionnel.

Sauf à ne pas suivre le prêche de l’archevêque, Houdeignar David, Béassemda Lydie, Madjidian Padja Ruth, Madeleine Alingué et Ndordji Nazaire, les membres du gouvernement qui portent des prénoms chrétiens et supposés l’être, devraient rendre leur tablier comme l’on fait les inspecteurs et contrôleurs nommés à l’Inspection général d’Etat (Ige) et qui ont été remplacés sans autres forme de procès parce qu’ils ont évoqué leurs convictions religieuses face à l’Etat laïc. Curieusement, l’inspecteur général adjoint lui ne s’est pas plié à l’exercice…

On en déduira qu’au Tchad, aucun chrétien qui aspire à respecter sa conviction religieuse ne pourra aspirer à devenir ministre, gouverneur, directeur général de la police, recteur, délégué de ministère ou simple maire. Plus de 40% de la population se retrouvera ainsi exclue de la gestion de la chose publique pour des raisons religieuses. C’est là le jeu dangereux auquel se livre le pouvoir sans pouvoir endiguer la corruption et le détournement qui restent l’essence du système politique qui doit sa survie au clientélisme, à la corruption et à la terreur. Comment jurer devant Dieu quand on sait qu’une « instruction venue d’en haut » vous obligera à fait le contraire de ce dont vous êtes convaincus ? Là se trouve toute la question.

La Rédaction    

 

 

 

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