Une conférence débat a été organisée le samedi 1er mars au pour faire un état des lieux des violences conjugales faite aux hommes. Un sujet tabou qui a été abordé par un panel composé de Baïssemma Thomas, docteur en sciences politiques et enseignant permanent à l’ENA du Tchad, Me Samangassou Mahamat Bruno, notaire titulaire de charge ; Abdoulaye Bono Kono, 6ᵉ substitut du procureur général et vice-président du Syndicat des Magistrats du Tchad.
Initiée par Me Danmbaye Djatto Viviane en collaboration avec le Public Interest Law Center (PILC), cette conférence débat consiste à faire un état des lieux de la situation des hommes battus au Tchad.
Ouvrant la rencontre, Me Delphine Kemneloum Djiraïbé, avocate principale du Pilc, a reconnu l’existence des violences conjugales faites aux hommes, qui, par fierté ou par crainte de stigmatisation, hésitent à les dénoncer. Elle a encouragé les victimes masculines à sortir du silence et à signaler ces actes.
L’initiatrice, Me Danmbaye Djatto Viviane rappelle que la violence conjugale faite aux femmes est souvent banalisée ou admise culturellement, tandis que celle infligée aux hommes reste un tabou sans reconnaissance sociale. Elle a dénoncé une certaine approche féministe qui ne met en avant que les violences subies par les femmes, tout en ignorant celles qui concernent les hommes. « Laisser libre cours à la violence exercée par les femmes ne mettra jamais fin à la violence contre les femmes. Nous ne sous-estimons pas les violences subies par les femmes, mais nous devons traiter celles des hommes avec le même sérieux », a-t-elle déclaré.
Les panelistes qui ont aussi reconnu l’existence de violences faites aux hommes, ont identifié plusieurs facteurs contribuant aux violences conjugales, notamment : les inégalités sociales ; l’éducation ; l’influence du milieu social et des réseaux sociaux ; la non considération de la femme par son époux ; l’alcool et la drogue… La honte, la peur d’être stigmatisé et l’orgueil empêchent de nombreux hommes de dénoncer les violences qu’ils subissent, souligne les panélistes qui encouragent les victimes à rompre le silence et à faire valoir leurs droits.
Plusieurs types de violences recensés : les violences physiques, les violences psychologiques et morales, les violences sociales et économiques, les violences politiques, etc.
Nadjita Namlengar